Ils l’ont fait !!

Jeudi 13 avril, en pleine « Semaine Migrations » à l’ISETA de Poisy, a eu lieu la soirée de lancement de Carnet d’Exil !

C’est l’aboutissement d’une aventure collective et fraternelle qui dure depuis plus de deux ans, entre les élèves de la classe de Bac Pro Aquaculture, Khairollah, les équipes de l’ISETA et tous les partenaires qui ont œuvré pour le projet Carnet D’Exil, dont vous avez pu suivre les avancées sur ce site.

Le projet Carnet d’Exil est né lorsque Khairollah, jeune afghan accueilli en apprentissage à l’ISETA, a accepté de témoigner de son parcours d’exil auprès de certaines classes. Il le dit lui-même : relater une telle expérience n’est pas chose facile et beaucoup de demandeurs d’asile n’en parlent pas, mais il souhaitait raconter ce qu’il avait vécu et partager cette histoire personnelle. Son témoignage laissera la classe de 2de Bac Pro Aquaculture bouleversée et fera naître chez les jeunes élèves une « envie d’agir ». Très vite, ils en parlent à Aline Nevez, leur enseignante : ils voudraient aider Khairollah à écrire son parcours d’exil, qui a duré 4 ans. Ce fut le début de cette aventure solidaire, jalonnée de temps forts (des heures d’interview, des journées découverte de l’Afghanistan au lycée, des interventions, une résidence d’écriture sur le plateau des Glières pour Khairollah et les élèves …) que vous retrouvez en détail dans ces précédents articles :

http://www.eadrsi-cneap.fr/des-nouvelles-du-projet-carnet-dexil-de-liseta/

http://www.eadrsi-cneap.fr/liseta-aux-couleurs-de-lafgnanistan/

Le 13 avril,  cette grande  soirée  a commencé avec un « pique-nique » improvisé dans l’amphithéâtre. Le pique-nique avait été concocté le matin même par des élèves de Bac Pro SAPAT et des demandeurs d’asile accueillis au CADA (Centre d’accueil pour demandeurs d’asile) de Rumilly. L’après-midi danse (entre les élèves et les demandeurs d’asile qui ont fait découvrir et enseigné des danses de chez eux) qui avait suivi n’avait pas épuisé les participants : tout le monde semblait d’attaque et impatient avant le lancement tant attendu du Carnet d’Exil de Khairollah.

Vincent Vandenbroucke, Directeur de l’ISETA, a ouvert la soirée en remerciant tous les acteurs de ce projet qui participe à « reconnaître une personne et non pas un migrant » et constitue une réponse à « la tentation de déshumaniser les problématiques du monde pour n’en faire que des chiffres ».

 

 

 

 

M Vandenbroucke a ensuite passé la parole aux Terminales Aquaculture (les secondes d’il y a deux ans !) qui sont revenus sur les débuts de Carnet d’Exil : « c’était un projet un peu fou car nous ne sommes pas écrivains ! ». L’émotion dans les mots et les gestes était palpable lorsque les jeunes ont officiellement remis à Khairollah Carnet d’Exil, achevé et fraîchement imprimé.

Khairollah s’est ensuite exprimé, dans un français devenu courant à force de pratique et de persévérance, remerciant tout le monde et formulant le souhait que ce livre servira à sensibiliser le plus grand nombre sur les difficultés de la migration.

 

 

 

 

Ensuite, des extraits de Carnet d’Exil ont été lus par les « Term Aqua » et par Amel, une jeune fille de SAPAT.

« Je ne veux pas monter dans le 4×4, il sort un couteau, il me frappe, pas de place dans le 4×4. Je monte, il faut que je tire fort sur la poignée, sinon le coffre s’ouvre et on tombe… »

 

Une table ronde, animée par Vincent Vandenbroucke,  a ensuite réuni une partie des acteurs de Carnet d’Exil pour revenir sur le projet et sa portée humaine et éducative :

  • Khairollah, aujourd’hui titulaire de son CAP, il est en CDI à L’Iseta ;
  • Deux élèves de terminale Bac Pro Aquaculture, Matthias Riou et Benjamin Brodu ;
  • Vincent Viard, Maître d’apprentissage de Khairollah, il est le premier à avoir rencontré le jeune homme de 16 ans, il a impulsé son embauche en contrat d’apprentissage à l’ISETA. Son témoignage est à retrouver dans Carnet d’Exil.
  • Charbanou Jochum, médecin et bénévole dans une association qui aide les mineurs étrangers isolés, elle est Iranienne et parle donc la même langue que Khairollah et l’a pris sous son aile.
  • Mme Mouthon, elle est la mère de Florian, élève Bac Pro Aquaculture. Elle raconte sa surprise lorsque son fils lui a annoncé qu’ils allaient écrire un livre. Mme Mouthon a suivi pas à pas l’élaboration du Carnet d’exil et a été témoin de l’investissement de son fils et à travers lui de toute la classe de Bac Pro Aqua.
  • Aline Nevez, enseignante d’anglais et d’ESC, elle avait sollicité Khairollah pour qu’il intervienne dans ses classes. Elle a soutenu et coordonné le projet Carnet d’Exil avec les élèves de bac Pro. Son témoignage est à retrouver dans Carnet d’Exil.
  • Angèle Facy, chargée de coopération internationale et d’action culturelle, elle a participé au projet et à sa coordination depuis le début. Son témoignage figure également dans Carnet d’Exil.

La soirée s’est terminée par un temps convivial autour d’un thé et de pâtisseries orientales. Sans oublier une séquence de dédicaces acharnée pour Khairollah et les « Term Aqua » qui ont vu se presser autour d’eux une foule de personnes souhaitant avoir leurs signatures dans leur(s) exemplaire(s) de Carnet d’Exil !

 

 

Et maintenant ? Passez-commande !

Vous souhaitez vous procurer carnet d’Exil et soutenir ce magnifique projet d’humanité ? Le livre est en vente à 9 euros et les bénéfices sont reversés à Khairollah. Carnet d’Exil est un support pédagogique exceptionnel pour évoquer avec des élèves la thématique de la migration.

Retrouvez le bulletin de commande sur le site de l’ISETA

 

 

Et ce n’est pas fini !

Un film documentaire est en préparation, il sortira au printemps 2018 !

Un grand bravo à tous les acteurs de ce projet solidaire ! Et un grand merci également, pour cette humanité.

 

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